#partagetonféminisme Jour 04 - Éducation Genrée

Hello
L’article de ce quatrième jour du #partagetonféminisme porte sur l’éducation genrée dans notre société européenne.



D’après le Robert, l’éducation est la “Mise en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement d'un être humain ; moyens pour y parvenir”.

Je ne savais pas du tout comment tourner cet article et en cherchant des pistes et des livres autour de l’éducation genrée, je suis tombée sur le livre Filles, garçons : Pour une éducation non genre et sans clichés de Soline Bourdeverre-Veyssiere, publié par Hatier en mars 2021. Ce petit livre recense exactement ce que je voulais vous partager ici. Donc, je vais fortement m’appuyer sur ce livre pour développer ma pensée sur l’éducation genrée dans notre société européenne.


Dans cet essai pédagogique, Soline Bourdeverre-Veyssiere partage les enjeux de la lutte contre les stéréotypes de genre et 10 clés pour guider vos enfants et lui donner les outils pour s’assumer et s’épanouir pleinement.

Introduction :

L’éducation a beau être quelque chose de très personnel et propre à chaque parent, elle a aussi des influences multiples et y participe le cercle familiale, avec les grands-parents, oncles / tantes mais aussi les amis, l’école, les écrans divers, … quelque soit les choix des parents, les stéréotypes et les inégalités sont présentes et ancrées dans notre société et ce, bien avant la naissance de l’enfant. Et c’est bien là le problème : dès l’annonce du sexe de l’enfant, pendant la grossesse, les stéréotypes et les inégalités sont présentes et les attentes ne sont pas les mêmes ; on commence à mettre l’enfant dans des cases avant sa naissance, sans qu’on en ai vraiment conscience. On le constate lors d’une fratrie avec des filles et des fils, certains parents veulent éduquer leurs enfants de la même façon et de façon égalitaire mais où il y a quand même des inégalités entre les filles et les garçons. Cela est notamment dû aux influences extérieures : la famille, les publicités, les catalogues de jouets, les vêtements, les dessins animés, la littérature jeunesse, le vocabulaire de la vie quotidienne, les expressions (garçon manqué, pleurer comme une fille, il faut souffrir pour être belle, …). L’éducation genrée ou non genrée est l’affaire de toutes et tous : parents, famille, enseignant.e.s, professionnels de l’enfance, personne en contact avec des enfants et / ou intéressé par le sujet, …

"Prendre connaissance des différences entre filles et garçons et les accepter"

Biologiquement fille et garçon sont différents : XX (fille), XY (garçon), intersexuation, transgenre. Et il y a quelques différences, tel que les garçons sont plus grands, ont une voix plus grave, les filles ont une vessie plus petite, plus précoces et une espérance de vie plus longue, en moyenne. Néanmoins, ces différences biologiques ne doivent pas servir de prétexte aux inégalités, préjugés et sexisme ; ce qui est encore le cas, lié notamment à de fausses croyances et à l’éducation genrée. Lorsqu’on encourage son fils à faire beaucoup de sport (foot, rugby, …) et sa fille à jouer avec ses poupées, on ne développe pas les mêmes compétences chez eux et entretient les différences et les stéréotypes.
J’y reviendrai un peu plus tard.

"Nommer sans tabou et le pouvoir des mots"

Vous l’avez sûrement déjà remarqué mais la langue française est sexiste. Et lorsqu’on s’adresse à un enfant avec une langue sexiste, l’enfant va l’intégrer et peut aller à l’encontre de l’éducation non genrée.

Qui n’a jamais été choqué par la règle : “le masculin l’emporte sur le féminin” même s’il n’y a qu’un seul masculin pour 100 feminins ? Cette règle de grammaire date du XVIIIème siècle alors que la règle de proximité était appliquée depuis longtemps et nous, féministes, demandons à revenir à cette règle, beaucoup plus logique. Il y a énormément d’autres exemples :

  • les noms des métiers, comme auteur et autrice, qui fait débat depuis des années. Il faut savoir que le mot “autrice” existe depuis bien avant la Renaissance et a été bannie par l'Académie Française au XVIIe siècle, pour revenir en force ces dernières années. Et beaucoup noms de métiers n’ont pas la même signification au masculin qu’au féminin : cuisinier - cuisinière, un.e secrétaire, …
  • les insultes font très souvent référence aux femmes, pour porter atteinte à leurs moralité, leur corps ou pour s’en prendre à la virilité des hommes : “t’as tes règles ou quoi ?”, “ça fait pédé”, “fais pas ta princesse”, “fils de pute”, “salope / sale pute” … ça rejoins le fait que les suffixes féminins sont péjoratifs : fillette, femmelette …
Je pourrais continuer encore longtemps ma liste sur le sexisme de la langue française !

Les mots sexués et le sexisme de la langue française sont partout et forgent les stéréotypes genrés. Et les enfants l’entendent, le comprennent, l'intègrent et le répètent inconsciemment.

"Repérer les stéréotypes de genre au quotidien et montrer l’exemple"

Dans son livre, Soline Bourdeverre-Veyssiere partage le court-métrage Majorité opprimée d’Eléonore Pourriat, reprenant le principe de société inversé. C’est-à-dire que les genres masculin et féminin sont inversés. Ce court-métrage me fait penser au film Je ne suis pas un homme facile, sorti sur Netflix en 2018.


Le sexisme ordinaire fait partie autant de la vie des adultes que des enfants, est partout et quotidien. Il est banalisé et transmis de génération en génération. Il n’y a qu'à regarder les vêtements pour enfants : des couleurs douces, dans les tons roses pour les filles, avec des inscriptions telles que “jolie” ou “intelligente” et des couleurs vives, rouge ou bleu pour les garçons, avec des inscriptions comme “courageux” ou “fort” … ces vêtements font partie du sexisme ordinaire et sont à bannir du quotidien de nos enfants.

Le sexisme ordinaire passe également par le quotidien à la maison et dans la répartition des tâches quotidiennes. Lorsque les enfants sont confronté à une répartition genrée des tâches domestiques (coucou la charge mentale) : aux femmes les tâches légères, dans la maison (cuisine, ménage, linge, éducation et des enfants, …) aux hommes les tâches lourdes, tourné vers l’extérieur (bricolage, jardinage, l’automobile, …) ; les enfants intègrent cela comme normal et perpétueront ces inégalités en grandissant On doit égaliser les tâches domestiques et impliquer les enfants à celles-ci pour aider à changer les choses.

"S’interroger sur les jouets, les vêtements et les activités proposées aux enfants"

Lorsqu’on regarde les catalogues de jouets et les rayons de jouets pour enfant, il y a bien une séparation entre fille et garçon ; que ce soit les jeux eux-même, le prix, les couleurs … On propose des poupées, des dinettes, des princesses, du rose pour les filles et des voitures, des camions, des dinosaures, du bleu pour les garçons. Je schématise énormément mais ça été la norme pendant des années. Heureusement, cela tend à diminuer de plus en plus et la demande vient des nouvelles générations de parents, en prenant conscience de ces inégalités dans les jouets proposés aux enfants. Et c’est exactement la même chose pour les vêtements.

Il faut savoir que les couleurs genrées n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui. Pendant très longtemps, le bleu était associé aux filles, car cette couleur était associée à la Vierge Marie. Alors que le rose était associé au rouge donc une couleur masculine et symbole de force. L’inversion de ces couleurs ne date que du XXe siècle et a un intérêt économique : il est plus intéressant pour les fabricants et les entreprises de faire un vélo rose et un vélo bleu puisque cela pousse les parents à acheter deux objets au lieu d’un seul. Et on se retrouve donc dans ce cercle vicieux d’avoir des jouets “pour filles” et des jouets “pour garçon” alors qu’il n’y a que la couleur et le prix qui changent ! Car, il existe effectivement une taxe rose pour les jouets “pour filles”.

Comme dit un peu plus haut, il faut lutter contre ces stéréotypes et refuser ces types de jouets. Car moins il y a de demande pour ces jouets genrés, moins il y en a sur le marché. Je vous partage une charte pour une représentation mixte des jouets : Charte pour une représentation mixte des jouets

Au-delà des jouets, il y a aussi les activités et les sports. Les garçons ne sont pas tous obligés d’aimer et de pratiquer le foot ou le rugby et les filles ne sont pas obligées de faire de la danse, de la gym ou du théâtre. Il suffit de proposer clairement toutes les activités et tous les sports aux enfants, notamment aux portes ouvertes des associations…

"Être attentifs à ce qui se passe à l’école"

L’école est également très genrée et la mixité à l’école ne garantit malheureusement pas l’éducation égalitaire.

Inconsciemment, les professeurs n’auront pas les mêmes comportements entre leurs élèves masculin et féminin. En moyenne, les enseignant.e.s interagissent pour les 2⁄3 avec les garçons et pour ⅓ avec les filles et iels seront plus indulgent.e.s avec les garçons que les filles dans les interactions spontanées. A côté de ça, les manuels scolaires sont encore très genrés et sexistes. On peut y voir beaucoup plus d’hommes représentés dans les manuels scolaires ; ce qui invisibilise les femmes et conforte les garçons dans leur rôle dominant.

En dehors de la salle de classe, cela continue dans la cour de récréation. Souvenez-vous, au primaire, les garçons prennent toute la place à jouer au foot, sans laisser (ou très peu) les filles jouer avec eux ou leur laisser de la place. Qui seront donc reléguées qu’à un bout de la cour. Et attention à celleux qui transgressent les règles.

Il serait bon de valoriser les femmes dans les manuels scolaires et autant donner la parole aux filles qu’aux garçons en classe. Aussi, intervenir dans les interactions sociales des enfants, dans la cour de récréation, pour une égalisation entre eux.

"Eveiller les enfants à ces sujets à l’aide de différents supports"

Les stéréotypes et le sexisme sont aussi très présents dans la littérature jeunesse, dans les jeux vidéos, les jeux de société, dans les dessins animés … Eh oui, tout ce que j’ai pu vous expliquer avant et ce que je vais vous expliquer après se retrouvent également dans les différents supports qu’on propose aux enfants. Dans les livres et dessins animés, ça passe beaucoup dans les rôles qu’occupent les différents personnages, le fait qu’il y a plus de personnages principaux masculin que féminin … de façon spontané, je n’arrive qu’à citer Katniss Everdeen (Hunger Games), Béatrice Prior (Divergente), Matilda (Roald Dahl) ou Oksa Pollock, comme personnages principaux féminin (très) connues alors que je pourrais citer moulte personnages principaux masculin (Harry Potter, Percy Jackson, Eragon, Thomas (le Labyrinthe), Le Petit Prince, …). Néanmoins, il faut aussi remettre ces œuvres dans l’époque où elles ont été écrites et publiées ! Et je rappelle aussi que pour Harry Potter, Percy Jackson et Eragon, il y a des héroïnes sans qui ces héros n’auraient pas été loin : je tiens à citer Hermione Granger, Annabeth Chase et Arya !

Heureusement, ces dernières années, il existe de plus en plus de livres, films, séries et dessins animés féministes ou du moins qui tendent vers une égalisation des sexes et des genres, avec des personnages diversifiés (des héroïnes, LGBTQIA+, de toutes origines, …) et également, de plus en plus d’autrices et d’illustratrices sont présentes sur les tables de librairies !

Je vous partage ICI la bibliographie de parentips.fr/ proposant des livres axé féminisme et j’essaierai de vous proposer ma bibliographie littérature jeunesse féministe dans les prochaines semaines ! 

"Résister à la norme pour les filles ET les garçons"

La désagrégation des stéréotypes de genres ne se fera qu’en sensibilisant les filles et les garçons. Apprenons à nos enfants, filles comme garçons, à lutter contre ces stéréotypes. Dans son livre, Soline Bourdeverre-Veyssiere propose 5 commandements pour élever des garçons épanouis et 5 commandements pour élever des filles épanouies :
  1. Laissons-les être des filles. Comme elles le veulent.
  2. Laissons-les s’affirmer et prendre de la place, comme elles le veulent.
  3. Laissons-les investir des domaines d’activité attribués traditionnellement au masculin si elles le souhaitent.
  4. Laissons-les s’épanouir sans les enfermer dans des attentes directives.
  5. Laissons-les être elles-mêmes, sans vision ultra-normative de ce que devrait être le féminin.
  6. Laissons-les être des garçons. Comme ils le veulent.
  7. Laissons-les se coiffer et se vêtir comme ils le veulent.
  8. Laissons-les investir des domaines d’activités attribués traditionnellement au féminin s’ils le souhaitent.
  9. Laissons-les être sensibles s’ils en ressentent le besoin.
  10. Laissons-les être eux-mêmes, sans vision ultra-normative de ce que devrait être le masculin.

Conclusion :

Dans cet article, je me suis énormément appuyé sur le livre Filles, garçons : Pour une éducation non genré et sans clichés de Soline Bourdeverre-Veyssiere en suivant sa trame de ses 10 clés pour une éducation non genrée. Ce qui m’a permis de vous proposer un article le plus complet possible sur cette thématique si vaste et complexe. J’espère avoir fait le tour du sujet et qu’il vous a été utile et informatif !

Lexique :

Egalité des sexes = conditions égales entre femmes et hommes pour réaliser leurs droits.

Genre = concept faisant référence à l’identité sexuée, c’est-à-dire au sentiment d’appartenance au féminin ou au masculin. Le genre est influencé par des données biologiques, psychologiques, culturelles, éducatives et historiques.

Préjugé = opinion préconçue issue du milieu, de l’époque, de l’éducation.

Sexe = caractère physique qui dans une espèce détermine des individus mâles ou femelles. Le sexe biologique est déterminé par des chromosomes qui induisent des différences dans les organes sexuels. Sexe et genre sont distincts, tout deux sont une construction sociale sauf que l’un s’applique au corps tandis que l’autre est une question d’apparence.

Sexisme = attitude de discrimination fondée sur le sexe, généralement à l’égard du sexe opposé. Les stéréotypes de genres sont à la base du sexisme.

Stéréotype = idée ou représentation toute faite. “Cliché” au sens “lieu commun” est un synonyme. Un stéréotype peut être intériorisé par la victime, qui l’entretient à son insu.


Tu es arrivé.e jusque-là? Merci beaucoup d’avoir lu cet article écrit par @mathilde_litteraire, corrigé par @milou_arias, édité ensemble avec beaucoup de good vibes!

N’hésite pas à partager et à nous dire ce que tu en penses avec le hashtag #partagetonféminisme

Et retrouve l’article d’hier qui portait sur la Revalorisation Historique.

Que du Love !

Mathilde Littéraire

Commentaires

  1. Cet article et tout ceux de cette série sont GENIAUX ! Bavo les filles !

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    Réponses
    1. mwoo, merciii beaucoup :) !!!
      Tu es adorable ! Emilie et moi te remercions pour ton adorable commentaire !
      des bises

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